J'ai tenu toute la journée…
Même malade.
Même la tête qui tourne.
J'ai rien dit.
J'ai bossé.
Pour nourrir la maison.
Et ce soir…
J'ai craqué dedans.
J'ai les nerfs qui bouillonnent, ça cogne sous le crâne,
Mal de tête, fièvre au corps, j'avance comme un fantôme en panne.
J'ai trimé toute la journée, le frisson dans les os,
J'ai serré les dents, j'ai fermé ma gueule, j'ai fait le taf, pro.
Tout ça pour rentrer crevé, juste vouloir me laver,
Un bain chaud, cinq minutes, juste respirer.
Mais l'eau est froide… plus rien dans le ballon,
Et elle débarque en souriant, tranquille, en mode provocation.
J'ai tout gardé dedans pour pas lever la main,
J'ai tout explosé dedans pour rester humain.
J'voulais juste un peu de chaleur pour tenir debout,
Mais ce soir même l'eau m'a tourné le dos.
Elle est restée là, posée, toute la journée canapé,
Moi j'rentre malade et j'me fais narguer.
"Oui j'ai pris toute l'eau", dit avec un sourire,
Y'a des phrases qui brûlent plus fort que les pires délires.
Mon cœur tape trop vite, ma vision se brouille,
J'sens la bête qui pousse, la colère qui fouille.
Alors j'prends le panier sale, j'le démonte en miettes,
Pas pour faire le dur, juste pour pas qu'ça dérape net.
J'ai tout gardé dedans pour pas lever la main,
J'ai tout explosé dedans pour rester humain.
Quand le respect disparaît, la rage prend la place,
Mais j'me bats contre moi-même, face à face.
Personne voit la fatigue quand t'es censé être fort,
Quand t'ramènes l'argent, on croit que t'ressens plus l'effort.
C'est pas l'eau chaude qui m'a rendu fou,
C'est l'impression d'être rien, même quand je donne tout.
J'suis pas violent, j'suis juste au bord du gouffre,
Un homme qui encaisse jusqu'à manquer d'air dans les poumons.
Ce soir j'ai choisi l'objet plutôt que la peau,
Parce que perdre le contrôle, c'est perdre beaucoup trop.
J'ai besoin de respect…
Pas de guerre.
Pas de cris.
Juste un peu de considération
Quand j'suis déjà à genoux.