Paroles – Pas Envie de Rentrer | S. Alba

Chaque soir c'est la même question dans ma tête
Est-ce que je rentre ou je fais un détour
Pas parce que je l'aime pas
Mais parce que là-bas c'est plus chez moi c'est un champ de mines
Je sais qu'on va encore se prendre la tête pour rien
Et moi je suis déjà fatigué

On s'croise dans le couloir on se parle à peine
Les regards font plus mal que les mots qu'on se lance
Pour des détails des trucs sans logique
On se pique comme si c'était vital de se prouver qui a raison
Un verre mal posé une phrase de travers
Et tout s'embrase comme un briquet dans l'essence
Je suis fatigué de mettre le casque dans ma tête
Avant même de pousser la porte de l'appart
Je prends mon temps pour rentrer je traîne dehors
Je prépare mes réponses comme si je passais un interrogatoire
Chez moi c'est plus un foyer c'est un ring silencieux
Chaque sourire est suspect chaque geste est calculé

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

Le pire c'est que je l'aime encore
Mais l'amour c'est pas censé te couper le souffle
On se prend la tête pour des broutilles
Mais derrière c'est tout ce qu'on a pas dit qui nous détruit
Je fais semblant d'écouter mais je suis ailleurs
À me demander à quel moment on s'est perdus
Je préfère marcher sous la pluie seul avec mes pensées
Plutôt que déposer mes clés et sentir l'air se glacer
On s'est laissé enfermer dans nos habitudes
Et les je t'aime se sont noyés dans nos certitudes
Chaque mot est une arme qu'on garde chargée
Prêt à tirer dès que l'autre bouge un peu trop

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

Je me sens prisonnier de mes propres murs
Alors que c'est moi qui ai choisi de les construire
C'est pas que je la déteste c'est pire
C'est que je sais plus comment la regarder sans voir les fissures
Les souvenirs heureux sont comme des vieilles photos
Jaunies rangées dans un tiroir qu'on n'ouvre plus
Je voudrais juste retrouver ce qu'on avait avant
Mais je sais que ça reviendra pas en fermant les yeux
Alors je me perds dans des rues je fais semblant d'errer
En vérité je retarde juste l'instant où je poserai ma main sur la poignée
Parce qu'une fois dedans il n'y a plus d'échappatoire
Et tout ce que j'ai accumulé explose au moindre regard noir

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

J'ai pas envie de rentrer pas envie de parler
Pas envie de me justifier pour respirer
J'ai pas envie de jouer la comédie
Quand je sais que le silence sera pire que les cris

Je me dis qu'un jour ça passera peut-être
Ou peut-être que je passerai plus la porte
Juste pour avoir enfin la paix
En attendant je vais marcher encore un peu
Histoire d'éviter l'orage une heure de plus
J'ai pas envie qu'on s'prenne encore la tête pour rien.

Mais moi…
j'suis déjà fatigué.